Allocution de Madame Marie-Evelyne PETRUS BARRY Coordinatrice Résidente du Systèmes des Nations-Unies au Gabon à l'occasion du 08 mars 2017

 

Madame le Médiateur de la République,

Madame la Présidente du Conseil Economique et Social,

Mesdames les Membres du Gouvernement,

Madame l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique,

Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations internationales,

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Agence du Système des Nations Unies,

Mesdames et Messieurs,

Chers Invités,  

Dans le but de mettre en exergue des aspects importants de la vie et de l’histoire et sensibiliser l’opinion internationale à des questions qui engagent l’avenir de l’humanité, notre avenir commun, le Système des Nations Unies a coutume de proclamer des décennies, des années, des mois, des semaines ou des journées internationales. Ces célébrations ont toujours pour objectif de contribuer, à la réalisation des idéaux de paix et de développement qui ont présidé à la création du Système des Nations Unies.

La présente Journée internationale de la femme, édition 2017, pour laquelle nous sommes réunis ici à l’Institut Français du Gabon, est à placer dans ce contexte.

A titre de rappel historique, c’est le 8 mars 1975, au cours de l’Année internationale des femmes, que les Nations Unies ont commencé à célébrer la Journée internationale des femmes. Deux ans après, en décembre 1977, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution proclamant que, chaque état membre des Nations Unies devait, chaque année, consacrer une journée,  aux droits des femmes et à la paix internationale à une date de leur convenance,  conformément à leur histoire et traditions nationales. Au Gabon, la « Journée nationale de la femme gabonaise » est célébrée chaque année le 17 avril.

La Journée internationale des femmes a pris une dimension  mondiale. Le mouvement international des femmes s’est accru et a été conforté par quatre conférences mondiales des Nations Unies sur les femmes, qui ont permis de faire de cette célébration un point de ralliement pour le soutien aux droits des femmes et leur participation aux questions socio-économiques et politiques.

De plus en plus, la Journée internationale des femmes est l’occasion de revenir sur les progrès réalisés, d’appeler à la poursuite du changement et de célébrer les actes de courage et de détermination de femmes qui contribuent à faire l’histoire de leurs pays et de leurs communautés.

La présente soirée, initiée par Madame le Médiateur de la République est un hommage à la contribution des femmes du Gabon à la  stabilité et au développement de leur pays. Notre objectif aujourd’hui est de renforcer l’engagement des femmes gabonaises à contribuer aux efforts de paix, de dialogue et de compréhension qui sont les bases de leur culture, quelle que soit leur appartenance ethnique ou géographique. Les femmes ont toujours été  des acteurs de changements positifs et notre intention est de travailler avec elles pour que leur savoir, leur sagesse et leur bienveillance participent pleinement au maintien de la paix et au dialogue national dans les domaines culturels , sociaux, économiques et politiques.

Ce soir, nous travaillons avec des artistes, chanteurs, danseurs musiciens, gens de théâtre. Ces artistes nous portent un message de paix et nous demandent de nous engager, à leurs cotés à travailler chaque jour, ou que nous soyons, pour la paix avec soi, pour la paix dans nos familles, pour la paix dans nos quartiers, pour la paix dans nos villes et nos villages, pour la paix dans nos pays et partout dans le monde. Chacun d’entre nous est un acteur de paix, chacun d’entre nous a un rôle à jouer. Et le rôle de chacun est important. Si un seul d’entre nous casse ce pacte, la paix est en danger pour nous tous.

Je suis très heureuse de voir que toutes les générations sont représentées ce soir, de voir que nos enfants, des le plus jeune âge, apprennent ce qu’est la paix et travaillent à la préserver en utilisant les conseils et le savoir de leurs ainées, aussi présentes. Ces ainées transmettent une tradition de paix, de savoir faire pour la conserver et de sagesse pour éviter les conflits. Merci aux enfants, merci aux ainés. Merci à ceux qui permettent de faire les ponts entre les générations et passent ainsi la torche de la paix aux générations à venir.

Ce qui se passe ce soir nous montre que nous avons raison de croire en la capacité des femmes du Gabon à être des agents de transformation sociale progressiste. La célébration de cette Journée internationale de la femme est un exemple et également la première étape de la mise en œuvre d’un projet plus large dont l’objectif est de mobiliser les femmes, de manière inclusive, au quotidien,  en vue de leur contribution à la consolidation d’une Culture de la paix et de la non-violence et à la promotion des Objectifs de développement durable (ODD) ? Pourquoi faisons nous ce lien entre les ODD et la paix. Nous savons tous que la paix sans développement n’est pas possible et que le développement sans la paix n’est pas possible non plus. Je ne prendrai qu’un exemple : Il faut la paix pour que les institutions fonctionnent, que les enfants accèdent a une éducation dans un environnement serein et permettant leur épanouissement, et que leurs parents vaquent en toute tranquillité à leurs occupations afin d’assurer l’avenir de leurs enfants.

La mobilisation d’aujourd’hui, intervient après celle des jeunes qui a eu lieu dans le cadre de la Campagne des jeunes pour la promotion de la Culture de la paix en Afrique centrale « Des mots différents, une seule langue : la Paix », lancée au Gabon le 09 juillet 2016 par le Réseau panafricain des jeunes pour la culture de la paix (PAYNCOP), le Réseau des organisations de jeunesse africaine leaders des Nations Unies au Gabon (ROJALNU-Gabon) et le Conseil national de la jeunesse du Gabon (CNJG), avec le soutien du Système des Nations Unies au Gabon.

Pour les Nations Unies, il s’agit à la fois d’encourager et de soutenir des activités portées par des femmes, en lien avecla décennie de la femme lancée par le président de la république, le programme d’Egalité des chances et la prospérité partagée du PSGE. Il s’agit aussi de répondre par un appui technique aux initiatives d’autonomisation de la femme et de la fille en relation avec l’ODD no5 :  Parvenir  à l’Egalité des sexes et l’autonomisation de toutes femmes et les filles.

Le résultat attendu de ce projet de mobilisation des femmes du Gabon, est principalement la création d’un Réseau national de femmes pour la culture de la paix et le développement durable et l’élaboration, avec le soutien du Système des Nations Unies, d’un programme sur la « Contribution des femmes et des jeunes à la culture de la paix et au développement durable ».

Madame le Médiateur de la République,

Madame la Présidente du Conseil Economique et Social,

Distingués Invités,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais pour terminer en appeler non seulement à la solidarité féminine au-delà des générations, des appartenances ethniques, religieuses et politiques mais également, et surtout à une solidarité qui prend en compte le genre. La construction et la consolidation au quotidien d’une Culture de la paix et de la non-violence et la promotion des Objectifs de développement durable doivent se faire avec les femmes mais aussi avec les hommes.

Le système des Nations unies dont les valeurs premières sont la paix et la sécurité, les droits de l’homme et le développement d’une part et qui d’autre part a développé des mécanismes normatifs auxquels de nombreux états sont partie, notamment le Gabon vont continuer,  à vos cotés à travailler afin que la paix règne chaque jour en chacun de vous, de nous,  et collectivement. Ceci est un travail difficile, qui demande des efforts quotidiens et une attention constante. Si les femmes et les hommes de ce pays sont des acteurs constants de promotion de cet objectif, ensemble nous réussirons.

Pour clore mon propos, Je voudrais citee monsieur Koffi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies :

Sans progrès, il n'y a pas de paix possible.
Sans paix, il n'y a pas de progrès possible.

Je vous remercie de votre attention.