Quand environnement et lutte contre le chômage vont de pair

Un précollecteur ramassant des déchets à Libreville

Les habitants des quartiers défavorisés de Libreville ne se retournent plus au passage des "précollecteurs" qui participent à l’amélioration de leurs conditions de vie et à l’assainissement de la ville en collectant les ordures ménagères dans les zones très difficiles d’accès pour les sociétés conventionnelles de ramassage. 

La question  de la gestion des ordures ménagères est un véritable problème environnemental et de santé publique dans la capitale gabonaise. Pour y faire face, le PNUD, en partenariat avec la mairie de Libreville et le service d’hygiène du ministère de la santé publique a mis en œuvre le projet "Gestion urbaine partagée des déchets solides"  qui s’appuie sur le Programme national de maîtrise des déchets. Il permet de mettre en œuvre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) grâce au renforcement de la lutte contre la pauvreté, à l’amélioration des conditions d’hygiène publique et de santé primaire et à l’assainissement de l’environnement.

Son impact est également positif sur le plan économique car il contribue à la résorption du chômage chez les jeunes, lesquels représentent près de 48% de la population.

A retenir

  • Près de 200 jeunes sont employés aujourd’hui par onze équipes de projet pour débarrasser quotidiennement les 300 000 habitants de Libreville de leurs ordures
  • Les clients paient 5000 F CFA par mois (moins de 10 dollars) pour le service de ramassage d’ordures.
  • L’objectif du projet est de faire passer le nombre de ménages concernés par le ramassage des déchets de 40 à 80 % en 5 ans

La collecte des déchets par les sociétés de ramassage ne répondait pas entièrement aux besoins des populations. Elle ne bénéficie en effet qu'à 38% des familles, en majorité issues des quartiers résidentiels.
Ainsi, il est indispensable, en milieu urbain, de développer les précollectes dans les meilleures conditions possibles de proximité et de partenariat avec les usagers. L’objectif est de faire passer le nombre de ménages concernés par le ramassage des déchets de 40 à 80 % en cinq ans et de développer les mesures d’incitation, d’information et de sensibilisation. 

L’approche stratégique du projet place les populations concernées au centre du mécanisme proposé. Ainsi, ce sont les jeunes issus des quartiers pauvres qui sont  recrutés. Ils reçoivent des formations en gestion des déchets, en gestion administrative et financière et en approche participative avant d’être regroupés au sein d'équipes de projet. Au-delà de ces acquis, ils sont encouragés à sensibiliser les ménages qui souscrivent à ces prestations de précollecte sur le bien-fondé d’avoir un environnement salubre. 

Près de deux cent jeunes sont employés aujourd’hui par onze équipes de projet pour débarrasser quotidiennement les 300 000 habitants des onze quartiers sélectionnés, de leurs ordures ménagères. Les clients paient 5000 F CFA par mois (moins de 10 dollars) pour ces services. Ainsi, les jeunes ont fait de cette activité un métier avec l’ambition de devenir, à terme, des groupes organisés ayant un statut institutionnel et juridique leur permettant d’évoluer comme de vrais opérateurs économiques.

Au fil du temps, beaucoup de ces jeunes ont vu leur situation économique et sociale s’améliorer avec une augmentation de leur pouvoir d’achat. 

 « Ma fiancée et moi-même mettons de l’argent de côté pour nous marier. Nous sommes tous deux précollecteurs et nous faisons des projets à long terme » a annoncé un autre précollecteur, responsable de son équipe de projet.

Leur engagement sur le terrain et les différentes évaluations du projet, dont les résultats ont été jugés positifs, ont amené les autorités locales à les impliquer dans l’élaboration de certains plans d’action municipaux, tout en leur confiant divers travaux d’assainissement tels le curage des caniveaux, le balayage des rues et des marchés, et le débroussaillage des espaces verts.

Les populations bénéficiaires ne cachent pas leur satisfaction. « Depuis que je suis abonnée à ces prestations, ma concession est propre. Les ordures ménagères ne s’entassent plus et cela a convaincu mes voisins qui, eux aussi, ont fini par prendre un abonnement auprès de ces jeunes. Nous sommes très satisfaits aujourd’hui car notre environnement est devenu salubre » a déclaré une femme au foyer.

Le projet « Gestion urbaine partagée des déchets solides » devrait, selon les autorités municipales, être dupliqué à une plus grande échelle. A la création d’emplois chez ces nombreux jeunes s’est ajoutée l’autonomisation des premières équipes de projet qui fonctionnent désormais comme des petites et moyennes entreprises.

 

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