Réduire l’extrême pauvreté et la faim

Où en sommes-nous ?

Où en sommes-nous ?

L’objectif 1 du millénaire pour le développement vise à éliminer l’extrême pauvreté et la faim. C’est l’un des objectifs majeurs du millénaire du fait de l’impact positif par cascade qu’une réduction de la pauvreté aurait sur l’ensemble des autres OMD.

La pauvreté reste un concept difficile à mesurer car multidimensionnel et relatif. Pour les besoins des études empiriques, on distingue deux conceptions de la pauvreté : la conception utilitariste (monétaire) qui définit la pauvreté par rapport au niveau de satisfaction atteint par un individu du fait de consommation d’une quantité minimale de biens et services consommés, et la conception non utilitariste encore dite pauvreté humaine, qui émane de la perception des individus, lui donnant ainsi un contenu normatif par la définition de ce qui est souhaitable pour l’individu dans une société donnée.

Pour le suivi de l’OMD 1, trois cibles ont été retenues : la réduction de la pauvreté monétaire, la création d’emplois et la pauvreté alimentaire, y compris la nutrition, qui sont : .

  • Cible 1A: Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à 1.25 dollar par jour
  • Cible 1B: Assurer le plein-emploi et la possibilité pour chacun, y compris les femmes et les jeunes, de trouver un travail décent et productif
  • Cible 1C: Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim

Les tendances mondiales
Le Rapport mondial de suivi des OMD 2013 indique que le monde a atteint la cible visant à réduire de moitié la proportion des personnes vivant en dessous de 1,25 dollars par jour en 2010. Cette performance est imputable en grande partie à la Chine qui a vu la proportion de sa population pauvre passée de 60% en 1900 à 12% en 2010.
L’Afrique Subsaharienne malgré une croissance de son PIB de l’ordre de 5% sur ces dernières années a fait très peu de progrès du point de vue de la réduction de la pauvreté et encore 48% de sa population vit au dessous de 1,25 dollars par jour en 2010 contre 56% en 1990.

Les progrès du Gabon vers l’OMD 1
Le taux de pauvreté national est estimé à 33% au Gabon en 2013, quasiment le même niveau que celui de 2005, la dernière mesure directe de la pauvreté (Enquête Gabonaise d’évaluation de la pauvreté).
Le suivi des indicateurs de pauvreté reste encore confronté à l’indisponibilité de données statistiques. A défaut d’enquête récente, une appréciation des indicateurs indirects tels que le pourcentage des Gabonais vivant dans les taudis (32,5%), le taux de chômage (20,4%), la perception du coût de la vie et l’inflation cumulé de 2005 à 2011 (21,4%), ne laisse pas présager d’une tendance de baisse du taux de pauvreté depuis 2005.

Le Gabon a connu une croissance économique de l’ordre de 6% depuis 2010, une croissance tirée par le secteur hors pétrole qui ressort en moyenne à 9.6%. Malgré cette performance, le taux de chômage reste encore élevé à 20,4% avec 35,7% de chômage de jeunes (Enquête Nationale sur l’Emploi 2010 ; ENEC). 66% des chômeurs sont des primo-demandeurs et la durée moyenne du chômage est très élevée, 76,2 mois, soit environ 6 ans.

Le Gabon a pris des mesures de lutte contre la pauvreté des ménages les plus économiquement faibles par la création de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS) dont les principales prestations sont, d’une part la couverture maladie universelle, et d’autre part, les transferts monétaires trimestriels en direction des Familles les plus fragiles. Le pays a également pris des mesures de lutte pour assurer l’accès à l’eau et à l’énergie des ménages économiquement faibles par la mise en place d’un dispositif d’accès aux compteurs sociaux qui permet de prend en charge leur consommation d’eau et d’électricité.
La reprise économique amorcée depuis 2010 et la volonté affichée par l’État pour s’attaquer l’iniquité sont autant d’éléments qui laissent penser que si le climat des affaires s’améliore le Gabon pourrait réduire significativement son écart par rapport à l’objectif de réduction de la pauvreté à l’horizon 2015.

 

 

 

 

 

 

 

 

Défis pour atteindre la cible
Les politiques mises en œuvre pour sortir de la pauvreté sont contenues dans le Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE) qui vise à faire entrer le Gabon dans la catégorie des pays émergents à l’horizon 2025. Le PSGE repose sur trois piliers visant la transformation structurelle de l’économie par l’essor d’une industrie compétitive, d’un secteur de service de qualité et d’une économie verte pour valoriser la dotation du pays en ressources naturelles.

L’ambition du PSGE est d’impulser une transformation structurelle de l’économie en la diversifiant et en rendant la croissance plus inclusive. Dans le premier Plan quinquennal en cours de mise en œuvre, la priorité est mise sur les facteurs de compétitivité que sont l’amélioration significative du climat des affaires, le développement du capital Humain, le renforcement de la gouvernance, la remise à niveau des infrastructures et le développement durable.

Plusieurs défis restent à relever par le Gabon pour revenir sur une trajectoire l’amenant vers la cible. Pour ce faire, il est essentiel que les mesures qui ont été prises ciblent mieux les quintiles les plus pauvres et les zones dont l’incidence de la pauvreté est la plus forte. Il en va ainsi des mesures mises en place pour la lutte contre la vie chère.

En outre, pour une stratégie plus efficace de lutte contre la pauvreté il est impératif de disposer d’un profil de pauvreté actualisé. Le profil actuel date de près de 10 ans. Il ne permet plus de capter les différentes dimensions de la pauvreté, de connaitre les quintiles et la nature et la localisation des poche de pauvreté. Les initiatives prises au cours des cinq dernières années ont pu avoir un impact sur l’incidence de la pauvreté. De même, on peut penser qu’au cours de la même période, l’inflation a pu rogner, au moins en partie, les gains de pouvoir d’achat des ménages. Pour vérifier l’impact de ces mesures sur la ligne de pauvreté et envisager des interventions ciblées, mieux adaptées au profil de la pauvreté actuelle, il serait souhaitable de mener une autre étude pauvreté.

A ce titre, le Gabon qui vient de réaliser sa deuxième Enquête de Démographie et de Santé (EDS) en 2012 et va finaliser en fin d’année son Recensement Général de la Population et du Logement (RGPL). La programmation d’une seconde Enquête Gabonaise pour l’Evaluation de la Pauvreté (EGEP) après celle de 2005 compléterait ses outils d’aide à la décision pour un meilleur pilotage du PSGE

Un autre grand défi est la mise en œuvre du PSGE. Son appropriation au plus haut niveau constitue un atout majeur pour sa mise en œuvre. Son accompagnement par des outils d’optimisation budgétaire que sont les Cadres de Dépense à Moyen Terme (CDMT) et la Budgétisation par objectif de programme constituent des atouts supplémentaires. Néanmoins, le Gabon devrait tirer les leçons des différents plans de développement successifs qui n’ont pu atteindre les résultats attendus de lever le paradoxe d’un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure et des indicateurs sociaux faibles.
Les priorités du PSGE devraient explicitement intégrer les OMD avec une priorisation des actions pour réduire les déficits notables qui subsistent dans de nombreux domaines et rendent incertaine la réalisation des OMD à l’horizon 2015, notamment la lutte contre la pauvreté et la faim qui demeure encore un sérieux défi à relever avant l’échéance.

Pour se faire, le PSGE devrait tirer parti des conclusions des différentes études réalisées sur le suivi des progrès de la réalisation des OMD au Gabon et surtout le Plan Décennal des OMD (2005-2015) qui repose sur une analyse détaillée des besoins, une identification des interventions, un chiffrage minutieux de leurs coûts, et enfin, une programmation rigoureuse des investissements nécessaires à la réalisation des OMD entre 2005 et 2015.

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