Assurer l’éducation primaire pour tous

Où en sommes-nous ?

Jeunes gabonais en salle de classeJeunes gabonais en salle de classe... Photo: PNUD

L’objectif 2 du millénaire pour le développement vise la promotion de l’éducation pour tous comme partie intégrante d’une stratégie de développement humain durable. Il est centré sur une cible qui vise « d’ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires ». Les performances des pays sont captées à travers trois indicateurs qui sont :

  1. le taux net de scolarisation dans le primaire ;
  2. la proportion d’écoliers ayant commencé la première année d’études primaires qui terminent l’école primaire
  3. Taux d’alphabétisation de 15 à 24 ans.

Les tendances mondiales
Au niveau mondial, beaucoup trop d'enfants se voient toujours refuser le droit aux études primaires. Si les tendances actuelles se poursuivent, le monde n’atteindra pas l’objectif consistant à assurer une éducation primaire pour tous d’ici à 2015.

  • En 2011, 57 millions d’enfants en âge d’école primaire n’étaient pas scolarisés, en baisse par rapport aux 102 millions en 2000.
  • Plus de la moitié de ces enfants non scolarisés vivent en Afrique subsaharienne.
  • Au plan mondial, 123 millions de jeunes (âgés de 15 à 24 ans) n’ont pas les compétences de base en lecture et en écriture; 61 % d’entre eux sont des jeunes femmes.

Les progrès du Gabon vers l’OMD 2
Le Gabon a l’un des taux de scolarisation au primaire les plus élevés d’Afrique avec 96,4% en 2012. Le taux net de scolarisation dans le primaire fournit des indications sur la capacité d’un pays à scolariser les enfants appartenant au groupe d'âge susceptible d'être scolarisé au cycle primaire. Au Gabon, il s’agit de la tranche d’âge de 6-10 ans : la durée du cycle primaire étant désormais portée à 5 ans.  Cette performance est confortée par la loi N°21/2011 portant Orientation Générale de l'Education, de la Formation et de la Recherche qui stipule, en son article 2, que l'Education et la Formation sont obligatoires au Gabon et que leur accès est assuré à tout jeune, gabonais ou étranger résident au Gabon, âgé de 3 à 16 ans.

Le système éducatif dans son ensemble n’a pas de problème genre avec une proportion de filles relativement identique à celle des hommes dans le primaire et le secondaire. Selon la dernière Enquête de Démographie et de Santé (EDS, 2012), le taux net de scolarisation est de 95.5% chez les garçons et de 97.2% chez les filles. Ce qui traduit un rapport genre de l’ordre de  98.3 garçons pour 100 filles dans le primaire. Le problème genre apparait évidemment quasi absent dans le cycle primaire du  système éducatif gabonais. L’on note une évolution du taux net de scolarisation depuis 1990 qui se rapproche de la cible requise des OMD: 1990 (88.38%), 2000 (90.8%), 2005 (92%), et 2010 (94.7%), 2012 (96.4%).

Le système éducatif continue de faire face à une faiblesse de son rendement interne avec un taux de redoublement élevé et un taux d’achèvement du primaire de seulement 37,2%. La cinquième année reste un goulet d’étranglement du fait notamment de l’insuffisance des structures d’accueil dans le secondaire où le ratio élèves/classe est compris entre 40 et 65.

 Evolution du taux net de scolarisation dans le primaire depuis 1990 au Gabon

 

 

 

 

 

 

 

Pour atteindre la scolarisation primaire universelle, améliorer la qualité de l’enseignement et le taux d’alphabétisation, des actions stratégiques sont entreprises par le Gouvernement notamment :

  • Elaboration des textes d’application de la loi n° 21/2011 portant orientation générale de l’Education, de la Formation et de la Recherche qui dispose que l’éducation et la formation sont obligatoires de 3 à 16 ans ;
  •  La généralisation progressive de l’enseignement du pré primaire et le recrutement des éducateurs jusqu’à l’horizon 2020 ;
  • La suppression du concours d’entrée en sixième à partir de l’année scolaire 2012-2013 et avec comme seule condition en sixième l’obtention de certificat d’études primaire comme condition première de passage en sixième à laquelle il faut ajouter les résultats scolaires tout au long de l'année pour l’année 2013 et pour les prochaines années. ;
  • L’amélioration du schéma directeur national d’infrastructures physiques (salles de classes et internats) sur la formation des jeunes ;
  • Le recrutement et la formation des enseignants titulaire d’un baccalauréat pour l’accès à l’Ecole Normale des Instituteurs (ENI) en vue de l’allocation équitable du personnel enseignant qualifié ;
  • La formation modulaire à l’Approche par les Compétences de Base au bénéfice de tous les enseignants et les encadreurs et son approfondissement au cours des séminaires de formation multidimensionnelle et d’échanges en vue de l’amélioration de la qualité d’enseignement et son efficacité ;
  • Le maintien multiforme du partenariat  publics/privées pour la promotion l’enseignement privé ;
  • La réhabilitation  des grands lycées et collèges en vue d’une gestion efficace des établissements et d’une amélioration de l’accès au cycle secondaire ;
  • Une orientation équilibrée des élèves dès la fin de la 5ème année entre l'enseignement général et l'enseignement technique et professionnel selon l'arbre architectural du nouveau modèle du système éducatif gabonais ;
  • La dotation des établissements et des apprenants en manuels scolaires pour le bon suivi de l’Approche par les Compétences de Base.
  • L’optimisation du temps scolaire ;

Ces différentes politiques ont, cependant, des limites dont la principale est l’insuffisance des ressources financières. L’arbitrage intra-sectoriel des ressources doit, tout en mettant l’accent sur le développement intégré du système éducatif, rechercher à améliorer davantage les résultats espérés des cibles identifiées dans le cadre des objectifs du millénaire du développement.
Par ailleurs, l’enseignement privé surtout laïc, qui a surgit et a pris de l'ampleur suite à la faible offre publique d'éducation, devrait être mieux encadré par un meilleur contrôle  de la procédure d’ouverture et des conditions de fonctionnement de ces écoles.

Défis pour atteindre la cible
L’enseignement primaire est le socle de l’acquisition des aptitudes pour la maîtrise de la lecture, du calcul et de l’écriture d’une part et des compétences de base en vue de l’intégration dans la société d’autre part. Malgré les efforts consentis pour permettre aux enfants de différents sexes d’entrer et d’achever le cycle primaire, le Gabon se heurte encore à quelques obstacles dont :

  • le suivi de la scolarisation obligatoire, l’accès équitable à l’éducation de base  de qualité  de 3 à 16 ans ;
  • l’élaboration de la carte scolaire et la sectorisation afin d’optimiser l’offre éducative et améliorer l’accès équitable à l’enseignement ;
  • l’amélioration de la rétention notamment en fin de cycle ;
  • l’optimisation des capacités d’accueil au niveau de l’enseignement secondaire ;
  • le renforcement des mécanismes de contrôle pour améliorer le rendement des enseignants et diminuer leur absentéisme ;
  • la fourniture des installations d’apprentissage aux adultes analphabètes;
  • le fonctionnement optimal du système d’information qui doit permettre d’évaluer le système éducatif et de mesurer les résultats atteints par l’objectif d’éducation pour tous ; cela nécessitera la mise en œuvre d’une base de données au niveau de l’administration centrale, le financement des campagnes de collecte de données et la formation des agents de la chaîne du système d’information..

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